Histoire coloniale et postcoloniale

la FNACA proteste

publié le 14 juillet 2005 (modifié le 15 juillet 2005)

Communiqué


La Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), forte de 370 000 adhérents, s’associe à l’indignation qui s’exprime
actuellement à propos du projet d¹inauguration d’un mémorial à la gloire des criminels de l’OAS à Marignane.

Ainsi qu’elle l’a fait savoir dès le 8 décembre dernier au président de la République, au nom de son Bureau national, la FNACA juge scandaleuse une telle initiative qui tend à glorifier une organisation dont les exactions ont coûté la vie à de nombreux soldats français, notamment.

Au delà du trouble à l’ordre public que pourrait constituer la cérémonie d’inauguration, la FNACA considère que de tels monuments ne sauraient être
érigés sur le sol national.

Non seulement ils constituent une offense à la mémoire du général de Gaulle, plusieurs fois visé par les attentats de l’OAS, mais également une injure à l’encontre des Français qui ont massivement approuvé le « cessez-le-feu » du 19 mars 1962, par 90,8 % de « oui » au référendum du 8 avril 1962.

La FNACA prend acte de la déclaration du ministre délégué aux anciens combattants, intervenant enfin, après six mois de silence, pour « condamner le projet », après l’interdiction de l’inauguration prononcée par le Préfet
des Bouches-du-Rhône.

L’association spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord considère que la juste quête en reconnaissance des rapatriés d’Algérie n’a
rien à gagner de telles initiatives, qui heurtent la communauté nationale et plus particulièrement les familles des victimes de cette organisation subversive.

Elle rappelle que ce sont les auteurs de ce projet qui sont à l’origine de la contestation de la commémoration du 19 mars 1962, cessez-le-feu officiel de la guerre d’Algérie, journée du souvenir approuvée par près de 80% des Français à l’occasion de différents sondages effectués par l’IFOP sur le sujet.

Paris, le 24 juin 2005

Monsieur Jacques Chirac
Président de la République

Paris, le 10 décembre 2004

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur la décision de la municipalité de Marignane (Bouches du Rhône) tendant à ériger une stèle à la gloire des « fusillés et combattants de l’Algérie française » parmi lesquels Jean-Marie Bastien-Thiry et d’autres criminels de l’OAS dont le Président de la République de l’époque, le Général de Gaulle, faillit être la victime

De même, nous venons d’apprendre que la municipalité de Wissous (Essonne) a décidé de donner le nom de « rue du général Salan », le chef de l’OAS, à une artère de la ville.

Ces décisions scandaleuses suscitent une vive émotion parmi les anciens combattants en Afrique du Nord restés fidèles aux institutions républicaines qui n’oublient pas que certains de leurs camarades sont tombés sous les balles de cette organisation subversive.

Elles sont d’autant plus incompréhensibles que MM Daniel Simonpieri, maire de Marignane, et Richard Trinquier, maire de Wissous, se réclament tous deux de l’UMP.

Certes,il y a eu des lois d’amnistie mais, de là à glorifier les individus concernés, il y a un pas qui ne doit pas être franchi. Pourquoi pas des monuments à la gloire de Pétain ?

Le Bureau national de notre Fédération, réuni à Paris le 8
courant, s’est étonné vivement de l’absence de réaction de votre part et du gouvernement devant de telles initiatives. Nous souhaitons vivement que vous les condamniez fermement et que toutes les dispositions soient prises par les pouvoirs publics pour en empêcher la réalisation.

Dans cette attente ...

Wladyslas MAREK
Président national de la FNACA