rassemblement à Marignane, mercredi 6 juillet à 18h

publié le 5 juillet 2005 (modifié le 10 juillet 2005)

Communiqué du comité régional PACA de la LDH




L’ADIMAD (Association de Défense des Intérêts Moraux et Matériels des Anciens Détenus et Exilés politiques de l’Algérie française) a annoncé son intention d’inaugurer, le 6 juillet 2005, sur une parcelle du cimetière cédée par la municipalité de Marignane, un monument à la gloire des quatre “ fusillés de l’OAS ” :

  • Jean-Marie Bastien-Thiry qui a dirigé l’attentat manqué du Petit-Clamart contre le général de Gaulle,
  • Roger Degueldre, chef des commandos “ Delta ” qui ont notamment assassiné le 15 mars 1962 six enseignants - trois Algériens et trois Français (dont Max Marchand et Mouloud Feraoun) - dirigeants des Centres sociaux éducatifs créés par la résistante Germaine Tillion,
  • Albert Dovecar et Claude Piegts qui ont participé à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury, le 31 mai 1961.

Ces activistes ont été jugés, condamnés à mort par la justice française (à une époque où la peine de mort n’avait pas encore été abolie) et exécutés.

La date de l’inauguration a été choisie par l’ADIMAD en hommage à Roger Degueldre (il a été exécuté le 6 juillet 1962), dont les groupes de tueurs ont commis des milliers d’assassinats. Parmi eux, dans la seule première semaine de mai 1962 à Alger, 250 Algériens, pour la plupart des ouvriers du port victimes d’une voiture piégée et des femmes de ménage qui se rendaient à leur travail dans les quartiers européens.

Le préfet de région s’est prononcé pour l’interdiction de l’inauguration. La mobilisation a contraint le maire de Marignane à un recul : il a demandé à l’ADIMAD, de renoncer à l’inauguration prévue, “ le temps que les passions s’apaisent ”.

La LDH s’indigne de cette nouvelle tentative pour transformer des assassins en victimes et pour glorifier un mouvement subversif. Après d’autres manifestations analogues (Théoule, Perpignan...) cette commémoration s’inscrit dans le révisionnisme historique tendant à glorifier le passé colonial français. Ce négationnisme des crimes coloniaux est maintenant encouragé par la loi du 23 février 2005.

Nous devons tous rester vigilants et mobilisés. La LDH appelle tous les démocrates à se rassembler autour de familles de victimes de l’OAS et d’anciens combattants

MERCREDI 6 JUILLET À 18H
PARC CAMOIN - GARE ROUTIERE
MARIGNANE

Arles, le 4 juillet 2005


COMMUNIQUÉ LDH

Paris, le 5 juillet 2005


L’inauguration d’un monument à la gloire des « fusillés de l’OAS » reste programmée pour demain 6 juillet dans la ville de Marignane. Cette date a été choisie en hommage à Roger Degueldre, chef des commandos « Delta » de l’OAS à Alger, dont les groupes de tueurs ont commis des milliers d’assassinats.

La LDH a tenu le 15 juin dernier une conférence de presse avec des enfants de leurs victimes et avec de nombreuses organisations associatives et syndicales pour dénoncer cette initiative scandaleuse.

Depuis lors, le ministre chargé des anciens combattants a lui aussi condamné ce projet d’inauguration. La Fondation Charles de Gaulle a demandé quant à elle l’interdiction de l’inauguration de la stèle. Le préfet des Bouches-du-Rhône a évoqué l’hypothèse d’une interdiction en cas de troubles à l’ordre public mais n’a pris aucune mesure de nature à les éviter.

Aujourd’hui la stèle est érigée. Des manifestations importantes de protestation auront lieu demain si l’inauguration de ce monument est maintenue. En l’état, des troubles voire des heurts sont extrêmement probables, compte tenu de la violence qui caractérise la communication de l’association organisatrice de cette inauguration.

La LDH, qui appelle tous les démocrates à se rassembler demain à Marignane, demande solennellement à nouveau au préfet des Bouches-du-Rhône d’interdire une cérémonie qui non seulement constitue une honte pour la République mais crée un risque avéré de troubles à l’ordre public. Elle met en garde contre les conséquences d’une persistance de l’inaction de l’autorité préfectorale qui engagerait à bien des titres la responsabilité de l’État.