Le mémorial de Théoule inauguré par Christian Estrosi

publié le 17 mai 2014 (modifié le 12 mai 2019)

Voici ce qu’on pouvait lire sur le blog de Christian Estrosi, à la date du 1er mai 2014 [1] :

Inauguration du Mémorial de Notre-Dame d’Afrique

Christian Estrosi, député-maire de Nice, président de la métropole Nice Côte d’Azur, a inauguré le Mémorial de Notre-Dame d’Afrique à Théoule-sur-Mer, en présence de Georges Botella, Maire de Théoule-sur-Mer, Vice-président de la communauté d’agglomération des Pays de Lérins, Agnès Rampal, Adjoint au Maire de Nice, et Claude Rochette, Président de l’Association Notre Dame d’Afrique.

Le Mémorial Notre-Dame d’Afrique culmine à une hauteur de 12 mètres. A titre de comparaison, l’original de la statue s’élève à 1,50 mètre. Il est l’œuvre du sculpteur Fortuné Evangeliste, installé à Montauroux dans le Var. Le Mémorial permet ainsi la reproduction à plus grande échelle de la statue de Notre-Dame d’Afrique, qui se trouve dans la basilique située en Algérie dans la commune de Bologhine, dans la wilaya (région administrative) d’Alger.



La première pierre de ce mémorial a été posée au printemps 1990. Pour certains c’était le 27 mai ; pour d’autres, Joseph Ortiz [2], président fondateur de l’association Notre-Dame d’Afrique
 [3], et André-Charles Blanc, maire de Théoule-sur-Mer, ont posé la première pierre du Mémorial, le 6 juin 1990.

Une première inauguration a eu lieu en 2002. Marie-Monique Robin y assistait, son témoignage constitue le début de son livre Escadrons de la mort, l’école française [4] :



De la colline de Théoule, sur la Côte d’Azur, on n’aperçoit d’abord que la mer, étrangement bleue en ce jour de Toussaint 2002. Puis, en dévalant le chemin rocailleux de l’arrière-pays cannois, on ne voit qu’elle, bras tendus vers la Méditerranée et couronne sur la tête, qui, du haut de ses douze
mètres, balaie de son regard d’acier la foule agglutinée à ses pieds : anciens légionnaires, coiffés de leurs bérets verts et bérets rouges des parachutistes coloniaux, brandissant drapeaux tricolores et croix de Lorraine ; pieds- noirs venus de France et d’Espagne ; militaires déchus après la tentative avortée du putsch d’Alger de 1961 ; ex-membres de l’OAS, l’Organisation de l’armée secrète, qui s’était opposée par les armes à l’indépendance algérienne ; militants du Front national, représenté par Marie-France Stirbois ; et jeunesse musclée d’extrême droite, qui se presse, toute de noir vêtue, autour des organisateurs de la « cérémonie du souvenir ».

« Quarante ans après », les nostalgiques les plus virulents de l’Algérie française sont réunis au grand complet pour inaugurer une réplique monumentale de Notre-Dame d’Afrique.

Marie-Monique Robin [5]


Ce monument a été le cadre de rassemblements qui se déroulaient début mai ou début novembre, et, 12 ans plus tard, une inauguration “officielle” s’est déroulée en présence de Christian Estrosi et d’un millier de personnes, le 1er mai 2014.


Mais ce mémorial a une signification que l’on ne peut passer sous silence. Redonnons la parole à Marie-Monique Robin :

Les plaques des 4 fusillés de l’OAS.

Réalisée par le sculpteur Fortuné Évangéliste, la statue est le « fruit d’un long combat », m’explique, pince-sans-rire, Jean-François Collin, le président de l’« Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques de l’Algérie française » (ADIMAD). Créée en 1968, à l’initiative du général Salan, qui fut le chef des troupes françaises pendant la guerre d’Algérie, avant de devenir celui de l’OAS, l’ADIMAD poursuit deux objectifs, clairement stipulés dans ses statuts : « Défendre la mémoire des combattants de l’Algérie française assassinés par le pouvoir gaulliste », et « entretenir le mémorial de ceux qui sont tombés pour l’Algérie française ».

C’est précisément pour inaugurer ce « mémorial », situé au pied de la Vierge noire de Théoule, que Jean-François Collin a organisé ce rassemblement. Un mausolée en bonne et due forme, constitué de plaques où sont gravés les noms des « cent deux combattants de l’OAS morts au combat ». Parmi eux : Roger Degueldre, le chef des « commandos Delta », le bras armé de l’OAS, spécialiste des plasticages et des assassinats aveugles, ou Jean-Marie Bastien-Thiry, l’auteur principal de l’attentat manqué contre le général De Gaulle, tous les deux fusillés au fort d’Ivry, le premier en 1962, le second en 1963.

Marie-Monique Robin [6]


Photo : Charlotte Perry / Radio France 2013

Une émission de Daniel Mermet, le 13 juin 2013 :



[2Joseph Ortiz, activiste de l’Algérie française, qui s’était illustré lors de la semaine des Barricades à Alger, a été un des responsables de l’OAS.

[3Adresse de l’association Mémorial de Notre-Dame d’Afrique :
Le Clos Saint Joseph – 94 Impasse des Lauriers – 84120 Pertuis.
Joseph Ortiz est décédé en février 1995. Le président actuel est Claude ROCHETTE
Site internet : http://memorialnotredamedafrique.com/

[4Ed. La Découverte, 2004

[5Op. cit, page 7.

[6Op. cit, page 8.