Jean-Claude Gaudin : ne pas rendre hommage à ceux qui ont tenté d’assassiner De Gaulle

publié le 19 juin 2005 (modifié le 21 juin 2005)


Il y a dix ans, le 18 juin 1995, trois villes tombaient aux mains du Front national : Toulon, Orange et Marignane.

L’extrême-droite a été éliminée du conseil municipal de Toulon en 2001, mais Jacques Bompard continue de régner sur Orange.

A Marignane, en revanche, si le maire est le même depuis dix ans, sa couleur politique a changé. En effet, Daniel Simonpiéri, élu le 18 juin 1995 à la tête d’une liste FN, est passé à l’UMP il y a un an [1].

Les convictions politiques de Daniel Simonpiéri ont-elles évolué depuis dix ans ? On peut en douter au regard de l’autorisation qu’il donne pour l’érection à Marignane d’une stèle à la gloire des « fusillés de l’OAS ».

Quoi qu’il en soit, pour Daniel Simonpiéri et Jean-Claude Gaudin, le 18 juin est l’anniversaire de “la bataille de MarignanE”.

Les médias ont relayé l’événement. La Provence dont vous lirez ci-dessous trois petits articles de l’édition de l’Etang de Berre, le 19 juin 2005. Fr3 ensuite ...

La Provence

Le Maire fête dix années de mandat

Daniel Simonpiéri avait réuni son conseil, ses amis, ses collaborateurs, hier soir à l’espace Saint-Exupéry, à l’occasion de la date anniversaire de son élection, le 18 juin 1995. Le sénateur-maire de Marseille, président de la CUM, Jean-Claude Gaudin, était présent pour souffler ces dix bougies. L’occasion pour le maire de Marignane de souligner l’amitié qui lie les deux hommes. Une manière indirecte aussi de rappeler qu’il a tourné la page de ses premières appartenances politiques. Aucune allusion d’ailleurs dans le film qui a retracé ses dix ans de mandat.
Le maire a également tenu à rendre hommage à son prédécesseur et aux fonctionnaires qui lui « ont appris le métier ».

Daniel Simonpiéri et Jean-Claude Gaudin, à Marignane le 18 juin 2005 (cliché : M.S.)

Deux cérémonies pour l’appel du 18 juin

Le 65ème anniversaire de l’appel du 18 juin a été commémoré deux fois, hier, à la stèle de l’avenue du général De Gaulle. Une première fois par la municipalité et le CECAP en présence de Daniel Simonpiéri, de représentants des associations patriotiques et de quelques Marignanais qui ont déposé une gerbe. Un peu plus
tard, une délégation conduite par Robert Lannoy, de l’association des amis de la fondation de la France Libre, déposait deux autres gerbes à la mémoire du général et de deux compagnons décédés récemment, M. Vénékas et Rosay. Le projet de stèle « Aux combattants morts pour que vive l’Algérie française » serait à l’origne de cette double commémoration.

Gaudin évoque la stèle de Marignane

De passage à Marignane pour inaugurer une desserte, le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est intervenu dans la polémique autour de la stèle dédiée « Aux combattants morts pour que vive l’Algérie Française » qui doit y être inaugurée le 6 juillet. "Soldats du contingent, harkis, civils ... il y a eu une quantité de morts entre 1956 et 1962 qui méritent que
l’on s’incline devant eux mais, personnellement, je ne veux pas rendre hommage à ceux qui ont tenté d’assassiner le général De Gaulle
" [2]. Dans son projet, l’association qui finance le mémorial, elle, entendait bien le dédier aux anciens de l’OAS morts ou fusillés entre 1961 et 1963.

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Fr3

La chaîne a abordé le problème de la stèle de Marignane à l’occasion de plusieurs journaux télévisés du dimanche 19 juin. Elle a notamment donné la parole à Michel Vauzelle et Renaud Muselier. Voici leurs propos tels qu’elle les a diffusés lors de l’édition nationale du JT de la mi-journée :

Renaud Muselier, premier adjoint (UMP) du maire de Marseille :

« Je condamne fermement cette stèle qui ne correspond en rien à la façon dont on peut retracer l’histoire, ou la positionner, la réécrire de la façon la plus objective possible ».

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Michel Vauzelle, président (socialiste) de la région PACA :

« Toute provocation venant honorer les assassins de l’OAS est quelque chose de scandaleux et d’inadmissible ».

[1Après un séjour au MNR de Bruno Mégret.

[2D’après le journal la Provence du 21 juin 2005, Eric Diard, député (UMP) de la circonscription, serait sur la même position.