Hamlaoui Mekachera : la loi du 23 février 2005 est un problème franco-français

publié le 16 septembre 2005 (modifié le 3 octobre 2019)

Hamlaoui Mekachera (Sipa)

Hamlaoui Mekachera, le ministre français délégué des anciens combattants estime que la loi française du 23 février sur le « rôle positif de la présence française outre-mer est un problème franco-français, et notamment en Afrique du Nord. Il y avait des revendications et des attentes de certains milieux français qui ne visaient aucun pays en particulier », a expliqué Hamlaoui Mekachera dans un entretien publié jeudi 15 septembre par le quotidien algérien Le Citoyen.

Hamlaoui Mekachera a précisé que « les députés, en sous-amendement [...] ont demandé à ce que le colonialisme ne soit pas seulement ce que nourrissent certains journaux : la torture, les exactions, la maltraitance ».

Il a estimé que la polémique avec l’Algérie sur cette loi était née d’« une interprétation complètement absurde » d’un « pseudo-historien ».

« Précédent grave »

Hamlaoui Mekachera s’est étonné qu’à la suite de cette interprétation, on puisse conclure que « les politiques dictent l’histoire et la commandent dans un pays comme la France ».

Cette loi portant « reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », demande notamment que les programmes scolaires français « reconnaissent [...] et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ».

Fin juin, le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait déclaré que cette loi « représente une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme », en référence notamment à la répression sanglante des autorités françaises contre les Algériens à Sétif (est) en mai 1945.

Le 7 juillet, les deux chambres du Parlement algérien l’avaient condamnée. Elle a été qualifiée de « précédent grave » par le président du Conseil de la Nation (Sénat) Abdelkader Bensalah.

Le 26 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, avait prôné la création d’une commission d’historiens français et algériens pour évaluer cette loi.