152e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France

publié le 25 septembre 2005 (modifié le 25 août 2008)

Les communautés de Nouvelle-Calédonie se retrouvent pour le 152e anniversaire de la prise de possession de l’île

par Meraiah Foley [AP | 24.09.05 | 17:24]


NOUMEA (AP) — Mélanésiens, Européens, Wallisiens et Futuniens, Tahitiens, Indonésiens, Vietnamiens, Arabes : toutes les communautés de Nouvelle-Calédonie se sont retrouvées samedi à Nouméa pour célébrer leur diversité culturelle et ethnique, à l’occasion du 152e anniversaire de la prise de possession de l’île par la France, en 1853.

Plusieurs centaines de personnes, dont beaucoup revêtues de tenues traditionnelles, ont marché en procession dans les rues de la capitale néo-calédonienne, portant à bout de bras le Mwâ Kâ, un grand poteau sculpté de symbolisant le premier habitant. Les plus anciennes traces archéologiques attestent d’un peuplement de la Nouvelle-Calédonie dès 1 300 avant Jésus-Christ.

« C’est un jour pour fêter notre identité nationale », expliquait Tony Solomon, 44 ans, un Calédonien de 44 ans d’origine européenne, indonésienne et kanak. Certains portaient des T-shirts arborant des messages de paix et de réconciliation, invitant à oublier le passé parfois douloureux de l’île pour forger un « destin commun ».
Découverte en 1774 par l’Anglais James Cook, la Nouvelle-Calédonie est devenue française le 24 septembre 1853. Le contre-amiral Auguste Fébvrier-Despointes prit possession ce jour-là du territoire au nom de la France de Napoléon III. La ville de Nouméa fut créée en 1854.
Peuplée à l’origine par les Mélanésiens, la Nouvelle-Calédonie devint une colonie de peuplement libre et agraire, puis pénitentiaire à partir de 1864 : on y envoyait les condamnés au bagne, dont la fermeture intervint en 1897. Située dans le Pacifique à environ 1 200km à l’est de l’Australie, l’île compte aujourd’hui 220 000 habitants, dont environ 45% de Mélanésiens.

Longtemps méconnue de la métropole, la Nouvelle-Calédonie a fait les gros titres de l’actualité dans les années 80 avec la montée de l’indépendantisme kanak. Les tentatives de répression de ce mouvement accrurent les tensions sur le territoire, avec pour point culminant les événements d’Ouvéa, le 5 mai 1988. L’assaut fut ordonné ce jour-là contre la grotte d’Ouvéa où des indépendantistes kanaks détenaient en otages des gendarmes français. Dix-neuf kanaks et deux militaires français avaient été tués.
La signature des accords Matignon, le 26 juin 1988 et Oudinot, en août de la même année, a permis d’apaiser les tensions. Les trois partenaires des accords de Matignon (Etat, RPCR, FLNKS) ont signé en mai 1998 l’accord dit de Nouméa fixant un cadre pour l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie dans les vingt prochaines années.

L’accord confère notamment au territoire un statut original et unique, mettant en avant le partage de souveraineté entre la France et la Nouvelle-Calédonie. A partir de 2014, les électeurs résidant depuis au moins 20 ans sur l’archipel seront consultés par référendum sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté.

Samedi, certains marcheurs n’ont pas voulu entrer dans un débat sur l’indépendance. « Il y en a qui sont pour et d’autres contre », a confié Marie Reine, une Kanak venue avec des amies portant des robes richement colorées. Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, on est là pour célébrer la citoyenneté de tout le monde ». AP